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Les polluants réglementés

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La législation française demande aux AASQA de surveiller 13 polluants atmosphériques spécifiques en air extérieur qui sont dits « réglementés ». Ils sont soumis à des objectifs environnementaux et font l’objet d’une surveillance dédiée au regard des conséquences sanitaires et environnementales particulièrement néfastes de ces polluants.

Les particules en suspension, aussi appelées poussières et PM (PM signifie « Particulate Matter », particules fines en anglais), sont classées en fonction de leur taille. Inférieures à 10 micromètres, les PM10 sont retenues au niveau du nez et des voies aériennes supérieures. Inférieures à 2,5 micromètres, les PM2.5 pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire jusqu’aux alvéoles pulmonaires et au-delà. En deçà de 0,1 micromètre, on parle de particules ultrafines (PUF).

Les particules sont des polluants physiques.

Quelles sont les sources ?

Les particules fines sont d’origine humaine et naturelle.

Parmi les sources naturelles, on retrouve les phénomènes liés aux éruptions volcaniques, aux feux de forêts, à l’érosion des sols, aux émissions de pollens, aux transports transfrontaliers de particules désertiques… 

Les activités humaines sont à l’origine d’émission dans l’air de particules :

  • Dans le transport, lors de la combustion des matières fossiles comme le charbon, le pétrole, les sables bitumineux, les schistes bitumineux…
  • Dans l’industrie du bâtiment et des travaux publics lors de la combustion de matières fossiles, l’incinération de déchets, les carrières, les cimenteries, la métallurgie ou bien le passage des véhicules sur des chaussées empoussiérées
  • Dans le résidentiel et le tertiaire avec le chauffage au bois avec des équipements non performants
  • Dans l’agriculture avec les travaux de labours, de récolte
  • Dans la production et la distribution d’énergie avec les centrales thermiques.

Quand sont-elles plus présentes ?

En France métropolitaine, les activités de chauffage étant concentrées sur la période hivernale, la part des émissions liées au chauffage au bois (+ centrales thermiques ?) augmente largement en hiver et tout particulièrement les jours de grand froid.

Une deuxième période propice aux émissions des particules est le début du printemps avec la fertilisation azotée dans les champs qui émet de l’ammoniac dans l’air en favorisant la formation de particules secondaires de sulfate et de nitrate d’ammonium.

Le secteur du transport routier étant une source avérée de particules, notamment les plus fines, il est observé des pics de concentrations en zones trafic, notamment lors des périodes de forte affluence.

Quels sont les effets ?

Sur la santé, les particules ont un impact avéré sur la santé respiratoire, cardiovasculaire et augmentent le risque de développer un cancer du poumon. Selon leur taille, les particules pénètrent plus ou moins profondément dans l’appareil respiratoire. Les particules les plus fines peuvent, même à des concentrations relativement basses, irriter les voies respiratoires. Les particules les plus fines peuvent également passer dans le sang (et même pénétrer au cœur des cellules). Certaines particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes.

Sur les bâtis, elles contribuent aux effets de salissure des bâtiments et des monuments.

Les particules dans les Antilles

Au-delà des particules émises localement, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane connaissent des apports transfrontaliers de particules fines liés à un phénomène naturel appelé « brume de sable ». Ce phénomène correspond au transport sur une longue distance de particules désertiques issues de différentes zones du Sahara. Ces particules essentiellement siliceuses sont véhiculées par les alizés (vents d’ouest issus de la rotation de la Terre) jusqu’aux Antilles-Guyane. Les brumes de sable sont donc à l’origine de pics de concentrations en particules dans l’air sur certaines périodes de l’année, principalement d’avril à octobre.

Pour aller plus loin

Les oxydes d’azote (NOx) regroupent le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2). Les NOx se forment à haute température lors des combustions à partir de l’oxygène et de l’azote présents dans l’air. Le monoxyde d’azote s’oxyde rapidement dans l’air et se transforme en dioxyde d’azote.

Les oxydes d’azote sont des polluants chimiques.

Quelles sont les sources ?

Les oxydes d’azote proviennent de sources humaines et naturelles.

Parmi les sources naturelles, on retrouve les phénomènes liés aux éruptions volcaniques, aux feux de forêts, aux orages (éclairs) et aux activités bactériennes.

Les activités humaines créent également des oxydes d’azote principalement la combustion de matières fossiles (charbon, pétrole…) dans les secteurs du transport (routier, maritime) et de l’agriculture.

Dans le résidentiel et le tertiaire, le chauffage est une source importante d’oxydes d’azote tout comme l’utilisation d’appareils au gaz à l’intérieur de locaux.

Dans l’industrie, les installations de combustion pour tout type de combustible (combustibles liquides fossiles, charbon, gaz naturel, biomasses, gaz de procédés...) et de procédés industriels (fabrication de verre, métaux, ciment...) produisent des oxydes d’azote tout comme la production d’acide nitrique et d’engrais et le traitement de surface dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics.

Dans le secteur de la production et la distribution d’énergie, les centrales thermiques sont sources d’oxydes d’azote.

Où sont-ils plus présents ?

Les oxydes d’azote sont un marqueur des pollutions dues aux transports. Leurs concentrations sont très élevées près des grandes voies de circulation. Les concentrations diminuent assez rapidement quand on s’éloigne du point d'émission (100 à 200 mètres).

Quels sont les effets ?

Sur la santé, les NOx sont un gaz irritant pour les bronches. Il augmente la fréquence et la gravité des crises chez les asthmatiques et favorise les infections pulmonaires infantiles.

Sur l’environnement, ils participent à la formation de l’ozone dans la basse atmosphère et à l’effet de serre. Ils contribuent aux phénomènes des pluies acides qui affectent les végétaux et les sols et augmente la concentration des nitrates dans le sol.

Pour aller plus loin

Le dioxyde soufre est un polluant chimique.

Quelles sont les sources ?

Le dioxyde de soufre provient principalement de l’utilisation de combustibles fossiles (charbon, fiouls, gazole…) contenant du soufre.

Aussi on le retrouve dans des activités humaines lors de brûlage des combustibles soufrés (charbon, lignite, fioul lourd...), d’extraction et de raffinage du pétrole, de production d’acide sulfurique, de grillage de minerais, de production de papier… dans le secteur de l’industrie et des bâtiments et travaux publics.

Le chauffage avec la combustion de combustibles soufrés tel que le fioul domestique produit du dioxyde de soufre tout comme les centrales thermiques.

La nature émet aussi des produits soufrés lors d’éruptions volcaniques, les feux de forêts et la putréfaction des végétaux dans les marécages.

Quand est-il plus présent ?

Il n’ y a pas de saisonnalité particulière pour les émissions de dioxyde soufre dans l’air

Quels sont les effets ?

Sur la santé, le dioxyde de soufre est un gaz irritant pour les muqueuses, la peau et les voies respiratoires supérieures (toux, gêne respiratoire, troubles asthmatiques). Il agit en synergie avec d’autres substances, notamment avec les particules fines.

Sur l’environnement, au contact de l’humidité de l’air, le dioxyde de soufre se transforme en acide sulfurique et contribue au phénomène des pluies acides. Ces retombées participent à l’acidification des végétaux et des sols. Sur les bâtis, il dégrade la pierre et les matériaux.

Il y a un bon et un mauvais ozone. C’est la même molécule mais son action est différente en fonction de l’altitude à laquelle elle se trouve. Dans la stratosphère (entre 12 et 50 km au-dessus du sol), c’est le bon ozone. Une partie de ces molécules forme la “couche d’ozone” qui absorbe certains rayonnements ultraviolets nocifs émis par le soleil. Dans la troposphère (entre 0 et 15 km d’altitude), c’est le mauvais ozone. À cette altitude, il est nocif pour la santé et les écosystèmes à cause de son caractère oxydant.

L’ozone est un polluant chimique complexe.

Quelles sont les sources ?

L’ozone est un polluant « secondaire », c’est-à-dire qu’il résulte de la transformation chimique de certains polluants « primaires » présents dans l’atmosphère (en particulier le NO, le NO2 et les composés organiques volatils (COV)) sous l’action des rayonnements solaires.

Quand est-il plus présent ?

L’ozone est plus présent durant les périodes estivales, lors de situations anticycloniques calmes, chaudes et ensoleillés.

Quels sont les effets ?

Sur la santé, l’ozone est un gaz agressif qui pénètre facilement jusqu’aux voies respiratoires les plus profondes. Il peut provoquer des irritations respiratoires, des altérations pulmonaires et des effets cardiovasculaires. Il peut aussi provoquer des irritations oculaires, au niveau des yeux donc.

Sur l’environnement, l’ozone a une action néfaste sur les végétaux et conduit à des baisses de rendement de 5 à 20 % selon les cultures. Il entraîne la dégradation de matériaux (caoutchoucs, textiles...). Il contribue à l’effet de serre.

Pour aller plus loin

Le monoxyde de carbone est un gaz inodore, incolore et inflammable à haute température (605°C).

Le CO est un polluant chimique.

Quelles sont les sources ?

Le monoxyde de carbone provient d’activités humaines. Il est issu de combustions incomplètes (gaz, charbon, fioul ou bois) dues à des installations mal réglées (chauffage domestique) ou des gaz d’échappement des véhicules dans les secteurs du transport et du résidentiel avec le chauffage.

Quand est-il plus présent ?

Il est surtout problématique dans l’air intérieur où il s’accumule lorsque l’aération ou la ventilation n’est pas bonne.

Quels sont les effets ?

Sur la santé, il conduit à un manque d’oxygénation de l’organisme (cœur, cerveau...) car il se fixe à la place de l’oxygène sur l’hémoglobine du sang. Il provoque des intoxications entraînant maux de tête, vertiges, voire le coma et la mort à forte concentration.

Sur l’environnement, le CO participe aux mécanismes de formation de l’ozone. Dans l’atmosphère, il se transforme en dioxyde de carbone (CO2) et contribue à l’effet de serre.

Les composés organiques volatils constituent une famille très large de gaz comme le benzène, l’acétone, le perchloroéthylène, le formaldéhyde…

En Europe, on appelle COV « tout composé organique ayant une pression de vapeur de 0,01 kilopascal ou plus à une température de 293,15 kelvin.

Les COV sont des polluants chimiques.

Quelles sont les sources ?

Les COV sont principalement issues des activités humaines :

  • Activités domestiques (ménage, bricolage),
  • Activités industrielles (procédés mettant en œuvre des solvants (chimie, fabrication de peintures, colles, adhésifs, imprimeries…), procédés sans solvants (raffinage et distribution du pétrole) et installations de combustion,
  • Activités résidentielles et tertiaire (installation de combustion),
  • Activités agricoles (pratiques sylvicoles agricoles).

Des phénomènes naturels peuvent produire également des COV avec l’émanation des forêts et de la végétation.

Où sont-ils plus présents ?

Ils sont surtout problématiques dans l’air intérieur où on les inhale en utilisant des produits dits du quotidien : produits ménagers, vernis, colles, encres, peintures, solvants…

Quels sont les effets ?

Sur la santé, les COV peuvent provoquer des irritations, une diminution de la capacité respiratoire et des nuisances olfactives. Certains sont considérés comme cancérigènes (formaldéhyde, benzène).

Sur l’environnement, les COV ont un rôle dans les mécanismes de formation de l’ozone troposphérique, interviennent dans les processus de formation de gaz à effet de serre et peuvent réagir avec les oxydants présents dans l’air ambiant pour former des particules secondaires.

Pour en savoir plus

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont composés de carbone et d’hydrogène et formés de plusieurs cycles aromatiques.

Les plus étudiés sont l’anthracène, le phénanthrène, le pyrène, le benzo(alpha)pyrène (B[a]P)…

Les HAP sont des polluants physiques.

Quelles sont les sources ?

Les HAP proviennent de phénomènes naturels comme les éruptions volcaniques et les feux de forêt.

Mais les activités humaines sont aussi sources de HAP :

  • Transport lors de la combustion incomplète de matières fossiles (charbon, pétrole gaz),
  • Industrie du bâtiment et des travaux publics lors de la production, stockage, transformation et combustion de pétrole, gaz naturel ou charbon, raffineries, fonderies, synthèse de goudrons et d’asphalte, incinération de déchets, fabrication de pneus et de caoutchouc…,
  • Résidentiel et tertiaire avec le chauffage, en particulier le chauffage au bois et la combustion incomplète de matières fossiles.

Quand sont-ils plus présents ?

Il n’y a pas de saisonnalité particulière pour les émissions des HAP dans l’air.

Quels sont les effets ?

Sur la santé, les HAP provoquent des irritations, une diminution de la capacité respiratoire et des nuisances olfactives. Certains sont considérés comme cancérogènes (benzène, benzo(alpha)pyrène).

Dans l’environnement, ils ont un rôle précurseur dans la formation de l’ozone.

Les principaux métaux toxiques réglementés pouvant être présents dans l’air sont le plomb, l’arsenic, le cadmium et le nickel.

Ce sont des polluants physiques.

Quelles sont les sources ?

Ils proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères, mais aussi de certains procédés industriels (activités métallurgiques, extractions minières, aciéries...).

Eléments constitutifs de la croûte terrestre, ils peuvent être mis en suspension par érosion, au cours d’éruptions volcaniques, lors de feux de forêts…

Quels sont les effets ?

Sur la santé, inhalés par l’homme, les métaux ont des effets toxiques à plus ou moins long terme. Ils affectent le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques et respiratoires. Le cadmium, l’arsenic, le nickel sont cancérigènes.

Sur la biodiversité, les métaux toxiques contribuent à la contamination des sols et des aliments. Ils s’accumulent dans les organismes vivants dont ils perturbent l’équilibre biologique.

D'autres polluants réglementés font l'objet d'une surveillance. Ils sont listés dans l'annexe 1 de l'arrêté du 16 avril 2021 relatif au dispositif national de surveillance de la qualité de l'air ambiant.

Les pollens sont surveillés dans l’air ambiant en raison de leur caractère allergisant. Les grains de pollens interviennent dans la reproduction de certaines plantes. Lorsqu’ils sont émis dans l’air et transportés par le vent, ils peuvent entrer en contact avec les muqueuses respiratoires et oculaires et peuvent provoquer des allergies (ou pollinoses). Les pollens sont constitués de plusieurs protéines dont certaines sont des allergènes. Ils peuvent déclencher une réaction parfois exacerbée de notre organisme, alors qu’ils devraient normalement être tolérés (réaction d’hypersensibilité).

Outre des pollens, l’air ambiant peut contenir également des moisissures allergisantes à l’origine d’impacts sanitaires significatifs à certaines périodes de l’année ou dans certains territoires tels qu’en outre-mer.

Les pollens et les moisissures sont des polluants biologiques de l’air.

Quelles sont les sources ?

Les pollens proviennent de toutes les espèces végétales produisant des fleurs. Mais tous les pollens ne sont pas allergisants. La dispersion des pollens dans l’air dépend :

  • Des périodes de l’année : les pollens sont présents toute l’année, des pollens d’arbres en début d’année aux pollens de graminées et d’herbacées jusqu’à l’automne,
  • Des espèces émettrices des pollens allergisants : chaque espèce d’arbre et d'herbacée à sa propre saison pollinique.

Les pollens de certains arbres et herbacées contiennent plus d’allergènes tels que le cyprès, le platane, le noisetier, le hêtre, le chêne, le frêne, le bouleau ou encore les graminées (flouve, dactyle…), le plantain, l’ambroisie…

Quand sont-ils plus présents ?

La saison pollinique couvre plusieurs périodes :

  • de janvier à avril : c’est la saison des arbres
  • de mai à octobre : c’est la saison des herbacées

Mais il ne faut pas oublier les phénomènes exceptionnels (émissions plus tardives, plus tôt ou regains), qui dépendent des phénomènes météo.

Quels sont les effets ?

Les allergies se manifestent par des rhinites, conjonctivites, éternuements et plus rarement par de l’asthme. L’apparition de ces symptômes dépend de la quantité de pollens dans l’air, de la sensibilité des personnes et du potentiel allergisant de chaque plante. Dans certains cas, la pollution atmosphérique peut moduler le risque d’allergie en modifiant l’allergénicité des pollens ou en fragilisant les voies respiratoires.

Pour aller plus loin

Les polluants non réglementés

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Les AASQA surveillent et mènent des travaux sur des polluants qui ne font pas, à ce jour, l’objet d’une réglementation. Ils correspondent à des priorités définies au plan national ou à des enjeux locaux, définis avec leurs partenaires locaux. Selon les moyens qu’elles parviennent à dégager, les AASQA mènent des opérations de surveillance permanente ou temporaire.

Le carbone suie est un polluant chimique.

Quelles sont les sources ?

Plus couramment appelé « black carbon » (BC), le carbone suie est issu de combustions incomplètes de matière fossile et de biomasse. Il est possible de distinguer le carbone suie issue des matières fossiles de celui issu de la combustion de la biomasse.

Quand est-il plus présent ?

Sa présence dans l’air est plus notable en hiver car le chauffage au bois est un important émetteur de carbone suie.

Quels sont les effets ?

Ses petites particules pénètrent profondément dans le système respiratoire. Sa dangerosité s’accroît lorsque d’autres composés tels que les HAP ou les métaux s’adsorbent sur les particules de carbone suie.

Pour aller plus loin

Les PUF sont des polluants physiques.

Quelles sont les sources ?

Les PUF sont issues de la combustion naturelle (incendies notamment) ou d’origine humaine (carburants, industries...). Elles peuvent également provenir de l’usure des pneus ou des freins.

Quand sont-elles plus présentes ?

Il n’y a pas de saisonnalité particulière pour les émissions de PUF, au regard de la variété de leurs sources.

Quels sont les effets ?

Les PUF représentent des effets sanitaires importants car elles pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire jusqu’aux alvéoles pulmonaires et dans le sang où les particules peuvent aller s'accumuler dans d'autres organes vitaux.

Pour en savoir plus

Les pesticides (produits phytosanitaires et biocides) sont utilisés pour contrôler la présence d’organismes vivants considérés comme nuisibles. Les principaux sont les herbicides, les insecticides et les fongicides. Les pesticides sont des polluants chimiques.

Quelles sont les sources ?

La provenance des pesticides est liée aux activités humaines : lors de l’utilisation de pesticides traitement (dérive) et post utilisation (volatilisation, érosion éolienne), l’air peut être contaminé par les pesticides. Du fait des interdictions liées à la loi Labbé de février 2014, les pesticides sont désormais principalement utilisés en agriculture lors d’épandages en grandes cultures, viticulture, arboriculture ou maraîchage.

Depuis janvier 2017, l’utilisation des pesticides est interdite sur les zones ouvertes au public (espaces verts, forêts, voiries, promenades accessibles ou ouverts au public). La vente est interdite aux particuliers depuis janvier 2019.

Selon l’arrêté ministériel du 15 janvier 2021, l’interdiction est étendue à tous les lieux de vie publics ou privés à compter du 1er juillet 2022. Une exception est encore admise pour les terrains de grand jeu (tennis sur gazon, hippodromes, golfs) jusqu’à janvier 2025.

L’usage des pesticides concerne principalement deux secteurs :

  • Un secteur minoritaire, le résidentiel et le tertiaire avec l’entretien des voiries et les jardins de particuliers,
  • Un secteur majoritaire, l’agriculture avec les traitements des grandes cultures, de la viticulture et de l’arboriculture.

Quand sont-ils plus présents ?

Les pesticides s’utilisent tout au long de l'année selon les régions, les cultures et les types d'agriculture. Toutefois deux périodes sont plus propices à leur utilisation, la fin du printemps et le début de l’été (fongicides et insecticides) et l'automne (herbicides sur les grandes cultures).

Quels sont les effets ?

Les effets des pesticides dépendent de la toxicité des substances et de leur persistance. Ils peuvent provoquer des atteintes dermatologiques, neurologiques, hépatiques, cardiovasculaires et respiratoires. Certaines substances ont, à moyen ou long terme, des effets cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.

Sur l’environnement, les pesticides dégradent l’écosystème, perturbent la biodiversité des sols et des eaux et éliminent les insectes pollinisateurs comme les abeilles.

Dans son étude « Pesticides et santé », l’Inserm souligne l’importance de réévaluer périodiquement les connaissances dans ce domaine. La confirmation et la mise en évidence de présomptions fortes de liens entre certaines pathologies et l’exposition aux pesticides doivent orienter les actions publiques vers une meilleure protection des populations. Ces questions relatives aux liens entre une exposition aux pesticides et la survenue de certaines pathologies s’inscrivent dans une complexité́ croissante, la littérature faisant apparaitre une préoccupation concernant les effets indirects de certains pesticides sur la santé humaine par le biais des effets sur les écosystèmes. L’interdépendance en jeu mériterait d’être davantage étudiée et intégrée, au même titre que les aspects sociaux et économiques afin d’éclairer les prises de décisions lors de l’élaboration des politiques publiques. 

Pour aller plus loin

L’ammoniac est un polluant chimique. C’est un composé qui existe dans l’air à l’état gazeux ou dissous dans la pluie, le brouillard et les nuages, ou sous forme d’ion ammonium (NH4+) dans les particules et les aérosols. C’est un gaz incolore d’odeur piquante caractéristique.

Quelles sont les sources ?

Les sources naturelles sont très faibles (fermentation de certains marécages par exemple) et la source principale est d'origine humaine. 95 à 99% de l'ammoniac émis provient du monde agricole :

  • Animaux dans les bâtiments ou à la pâture (pets),
  • Fosses de stockage des déjections animales (fermentation),
  • Fertilisation des sols avec des apports minéraux (nitrate d'ammonium, urée) ou organiques (déjections animales).

L'industrie est également émettrice avec la fabrication des engrais minéraux ou la fabrication d’explosifs.

L'utilisation du "HD blue – solution d’urée" pour la dépollution des moteurs diésel est également une source mineure d'émission.

Quand est-il plus présent ?

Les teneurs en NH3 dans l'atmosphère sont généralement faibles (quelques micromètres par mètre cube) mais elles peuvent atteindre des concentrations beaucoup plus élevées lors de la fertilisation des sols au début du printemps.

Quels sont les effets ?

Au niveau de la santé, l’ammoniac provoque des gênes olfactives et, à des concentrations élevées, des irritations sévères des voies respiratoires et des yeux.

Il présente également divers effets néfastes sur l’environnement puisqu’il participe à l’acidification et à l’eutrophisation de l’environnement.

Il joue un rôle important dans la problématique des particules fines via la formation d’aérosols secondaires. C’’est un précurseur majeur des particules fines car il réagit avec les produits d’oxydation d’autres précurseurs gazeux (les oxydes d’azote - NOx et le dioxyde de soufre – SO2) pour produire du sulfate d’ammonium ((NH4)HSO4 ou (NH4)2SO4) et du nitrate d’ammonium (NH4NO3). La formation de ces espèces inorganiques secondaires dépend, non seulement des niveaux des concentrations des précurseurs, mais également des conditions météorologiques (température et humidité). Dans certains épisodes de pollution, les particules secondaires peuvent représenter plus de 50% de la totalité des PM2.5.

Pour aller plus loin

Une odeur résulte d’une perception olfactive. Elle naît d'une rencontre, dans les profondeurs des fosses nasales, entre de nombreuses molécules chimiques odorantes et volatiles présentes dans l’air (fleurs, fruits, parfums…) et les millions de cellules réceptrices qui intègrent notre appareil olfactif. A ce message biochimique, vient s'ajouter la perception ou l’interprétation humaine de cette odeur, que l'on ressent comme bonne ou mauvaise (note hédonique). Cette perception est liée à chacun, selon sa sensibilité olfactive, son ressenti, sa culture…

Les bonnes et les mauvaises odeurs peuvent être aussi dépendantes d'un code social et d'une hiérarchie qui reste très culturelle.

Quelles sont les sources ?

On estime à plusieurs dizaines de milliers le nombre de sources anthropiques potentiellement à l'origine d'odeurs pouvant être qualifiées de désagréables.

On peut citer :

  • activités liées à l'énergie (pétrochimie, combustion de gaz de charbon, pétrole)
  • activités chimiques (chimie minérale, organique ou inorganique)
  • activités de l'industrie du bois, du papier et de la viscose
  • activités des industries de l'agroalimentaire (préparation d'aliments : sucres, levures alimentaires…)
  • la gestion des déchets (collecte, stockage, traitement…) compostage, méthanisation, déchets ménagers, déchets industriels, carcasses d'animaux, déchets de poissons, déjections d'animaux…
  • la gestion des eaux usées

Source Pollutions olfactives : origine, législation, analyse & traitement - (Coll. Technique et ingénierie série environnement et sécurité, 2é Ed.) - Date de parution : 02-2008 – Dunod

Quand sont-elles les plus présentes ?

Compte tenu de la diversité des sources, il est difficile de temporaliser mais il y a des perceptions plus fréquentes en été et moins en hiver du fait du mécanisme de l’odorat. En effet, en été la volatilisation des molécules est facilité par la chaleur et d’une présence humaine en extérieur accrue (activités sportives, promenades, ouvertures des fenêtres).

Quels sont les effets ?

Une odeur ne peut être associée à un risque sanitaire La perception « agréable » ou « désagréable » ne renseigne en rien. Il est nécessaire de connaître la molécule chimique en cause pour en évaluer un potentiel danger.

Les composés odorants sont pour la plupart perçus par l'être humain à des niveaux de concentrations très faibles et en particulier inférieurs aux valeurs limites d'exposition (lorsque celles-ci existent) qui correspondent aux concentrations maximales auxquelles un individu peut être exposé pendant un temps donné sans que cela engendre des modifications de son état de santé.

Cependant, même si les niveaux de concentration en molécules odorantes n'induisent aucun risque direct, les nuisances qu'elles génèrent peuvent avoir un impact physiologique (maux de tête, nausée…) ou psychologique négatif (angoisse, stress).

Il faut ajouter que le seuil olfactif, c’est à dire la concentration minimale à partir de laquelle un humain sent une odeur, peut varier fortement d'un individu à l'autre. De plus dans le cas d'une substance jugée indésirable, le seuil olfactif peut être fortement abaissé.

Les seuils olfactifs sont déterminés pour des substances pures par des jurys d'odeur (minimum six personnes) selon un protocole standardisé. Pour des mélanges de composés, les seuils peuvent être modifiés à la hausse comme à la baisse.

Pour aller plus loin

Gaz composé d'hydrogène et de soufre, le sulfure d’hydrogène (H2S) est facilement reconnaissable à très faible concentration à son odeur ''d'oeuf pourri'', qui disparaît à plus forte concentration. C'est dans ce cas qu’il peut être très dangereux. Le sulfure d’hydrogène est un polluant chimique.

Quelles sont les sources ?

Le sulfure d’hydrogène est un gaz présent naturellement. On le retrouve particulièrement lors d’éruptions volcaniques, de geysers, de marées vertes (algues vertes), de la dégradation des algues brunes (algues sargasses), et près des décharges avec la décomposition de la matière organique. 
Le secteur industriel et des bâtiments et travaux publics en produit aussi lors de l’exploitation et de l’utilisation de ressources naturelles (pétrole, gaz, charbons, bitume…), du traitement des eaux usées et de certains procédés industriels (production de papiers, de colorants, de cuir, de pesticides, nucléaire…).

Quand est-il plus présent ?

Depuis 2011, les Antilles sont confrontées à des arrivages massifs d’algues sargasses, à fréquence variable. La difficulté de ramassage de telles quantités d’algues est à l’origine de leur dégradation et de l’émanation d’hydrogène sulfuré. Ce gaz est donc aujourd’hui mesuré en continu dans les Antilles, notamment sur la côte Atlantique de la Martinique et de la Guadeloupe.

Les côtes de la métropole sont également touchées par les marées vertes à l’origine de la production d'hydrogène sulfuré, en particulier la côte nord de la Bretagne

Quels sont les effets ?

L’hydrogène sulfuré, dont l’odeur est souvent comparée à celle d’œufs pourris, est nauséabond et toxique. Il peut présenter des risques pour l’homme s’il est inhalé à fortes concentrations et/ou pendant une longue durée. Lors d’une exposition trop importante à l’hydrogène sulfuré, des symptômes apparaissent : maux de tête, vomissements, difficultés respiratoires… Lors de l’apparition de ces symptômes, il est primordial de s’éloigner de la source afin de ne pas aggraver ces derniers.

Pour aller plus loin

Titre
Les gaz à effet de serre (GES)
Texte

 

Les gaz à effet de serre sont des molécules chimiques gazeuses qui absorbent le rayonnement infrarouge emis par la surface terrestre. On retrouve la vapeur d’eau, dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), certains hydrochlorofluorocarbures (HCFC)… Les GES sont des polluants du climat.

Quelles sont les sources ?

Les sources des GES sont d’origines naturelle (vapeur d’eau) et humaines. Pour le CO2, les sources humaines sont essentiellement les combustions (transports, résidentiel et tertiaire, production d’énergie). Pour le CH4, la source est essentiellement agricole (fermentation entérique des ruminants et culture du riz). Pour le protoxyde d'azote, la source est également principalement agricole (fertilisation azotée et effluents d’élevage)

Les HCFC servent essentiellement aux systèmes de réfrigération et de climatisation.

Quand sont-ils plus présents ?

Il n’y a pas de saisonnalité particulière pour les émissions de gaz à effet de serre au regard de la variété de leurs sources.

Quels sont les effets ?

En s’accumulant dans l’atmosphère, ils participent aux changements climatiques qui auront des effets indirects sur les êtres humains et les écosystèmes.

A noter : le méthane (CH4) a un effet 34 fois plus important que le gaz carbonique et le protoxyde d'azote (N2O). Le N2O a un effet 400 fois plus important que le CO2. Certains hydrochlorofluorocarbures (HCFC) comme le monochlorodifluorimétahne ont un potentiel de gaz à effet de serre 1800 fois plus élevé que le CO2.

Pour aller plus loin