L’Organisation météorologique mondiale (OMM) publie la sixième édition de son Bulletin sur la qualité de l’air et le climat. Les travaux présentés confirment les liens étroits entre pollution atmosphérique, évolution du climat et santé, et soulignent l’intérêt d’aborder ces enjeux de manière coordonnée.
Qualité de l’air et climat : des phénomènes étroitement liés
Qualité de l’air et climat évoluent à des échelles de temps différentes, mais leurs interactions sont nombreuses. Les conditions météorologiques influencent par exemple la dispersion ou la formation de certains polluants, tandis que certains composants présents dans l’atmosphère ont également un effet sur le climat.
Pour l’OMM, ces interactions justifient de mieux coordonner les politiques consacrées à la qualité de l’air et au climat.
Feux de végétation : un impact sur les concentrations de particules fines
Le bulletin revient notamment sur les conséquences des feux de végétation sur la qualité de l’air.
En 2025, des concentrations de particules fines PM2,5 supérieures à la moyenne de long terme ont notamment été observées dans le nord du Canada, certaines régions de Russie et le centre-ouest de l’Afrique en lien avec une augmentation des incendies. Le nord-ouest de l’Espagne a également connu des niveaux élevés à la suite des incendies de la fin de l’été.
Ces particules peuvent pénétrer profondément dans les poumons et dans la circulation sanguine. Elles proviennent de sources diverses : activités industrielles, agriculture, chauffage, transports, mais aussi feux de végétation et poussières désertiques.
Chaleur et ozone : des interactions à prendre en compte
L’OMM met également en avant les liens entre vagues de chaleur et pollution à l’ozone.
Des températures élevées, un fort rayonnement solaire et des situations atmosphériques peu dispersives peuvent favoriser la formation d’ozone près du sol. Ce polluant a des effets sur la santé humaine, mais aussi sur l’agriculture et les écosystèmes.
Ces phénomènes montrent pourquoi l’évolution du climat doit aussi être prise en compte dans l’analyse et l’anticipation de la qualité de l’air.
Mieux observer pour mieux comprendre et agir
Le bulletin souligne enfin la nécessité de renforcer les observations de plusieurs composés présents dans l’atmosphère, notamment les particules fines, l’ozone, le carbone noir et les microplastiques.
Disposer de données fiables et continues est indispensable pour comprendre ces interactions, suivre leur évolution et éclairer les décisions publiques.
Pour Atmo France, ces travaux internationaux font écho à une approche qui articule qualité de l’air, climat, transition énergétique et santé. Les politiques publiques et les transformations des secteurs du transport, du chauffage, de l’industrie ou encore de l’agriculture peuvent en effet modifier à la fois les émissions de polluants atmosphériques et celles qui influencent le climat.