Canicule précoce : changement climatique et impact sur la qualité de l’air

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Publié le 26 mai 2026

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Un épisode de pollution est actuellement en cours en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Portée par une hausse précoce des températures et un fort ensoleillement inhabituel pour cette fin de mois de mai, cette situation entraîne une augmentation marquée des concentrations d’ozone dans l’air. Elle illustre parfaitement que le changement climatique ne se limite pas à une hausse des températures : il contribue également à la dégradation de la qualité de l’air et renforce les risques sanitaires liés à la pollution atmosphérique.

Climat et qualité de l’air : un lien de plus en plus visible

Les épisodes de pollution à l’’ozone surviennent principalement durant les périodes chaudes et ensoleillées. L’ozone est un polluant dit « secondaire » : il ne se retrouve pas directement dans l’air mais se forme sous l’effet du rayonnement solaire à partir de polluants précurseurs, notamment les oxydes d’azote et les composés organiques volatils issus du trafic routier, des activités industrielles ou encore de certaines activités agricoles.

La précocité de ces épisodes*, favorisée par les fortes chaleurs observées dès cette fin mai, illustre directement le lien entre changement climatique et qualité de l’air.

Avec le réchauffement climatique, les épisodes de chaleur deviennent plus précoces, plus fréquents et plus intenses. Ces conditions météorologiques favorisent la formation d’ozone et accentuent les épisodes de pollution atmosphérique.

Le changement climatique accentue la pollution atmosphérique et complique l’amélioration durable de la qualité de l’air. Les travaux récents du Conseil national de l’air (CNA) soulignent notamment que la hausse des températures favorise les épisodes d’ozone, rendant plus difficile l’atteinte des objectifs fixés en matière de qualité de l’air.

Des impacts sanitaires et agricoles majeurs

L’ozone est un polluant qui peut avoir des conséquences importantes à la fois sur la santé humaine et sur l’agriculture. 

Chez l’être humain, il irrite les voies respiratoires et peut provoquer des difficultés respiratoires, aggraver l’asthme ou certaines maladies chroniques, en particulier chez les personnes les plus sensibles : enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou personnes souffrant de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Les effets sanitaires de l’ozone sont aujourd’hui bien connus. Lors de la canicule de 2003, plusieurs études scientifiques  ont montré que les fortes concentrations d’ozone avaient contribué à la surmortalité observée pendant cet épisode.

L’ozone affecte également les végétaux. En perturbant la photosynthèse, il fragilise les cultures et peut entraîner des pertes de rendement de 3 à 20 % selon les productions agricoles. Des travaux menés par INRAE en Île-de-France ont notamment montré qu’une augmentation des concentrations d’ozone pendant la croissance du blé pouvait conduire à jusqu’à 20 % de pertes de rendement. À l’échelle française et européenne, plusieurs études ont également mis en évidence des conséquences économiques majeures pour le monde agricole. L’étude APollO publiée par l’ADEME en 2020 estimait ainsi les pertes annuelles liées à l’ozone à près d’un milliard d’euros pour le blé tendre et à plus d’un milliard d’euros pour les prairies. 

Ces impacts rappellent que la pollution de l’air est aussi un enjeu de santé publique, d’économie agricole et de sécurité alimentaire. 

Suivre la qualité de l’air et adopter les bons réflexes

Les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) assurent une surveillance continue de la qualité de l’air et publient quotidiennement leurs prévisions et recommandations.

En cas d’épisode de pollution, il est recommandé :
•    de limiter les activités physiques intenses en extérieur ;
•    de privilégier les déplacements les moins émetteurs ;
•    d’éviter l’usage de solvants ou de produits fortement émetteurs ;
•    de suivre les recommandations sanitaires diffusées localement.
 

*En Île-de-France, il faut remonter au 15 avril 2007 pour retrouver un épisode de pollution à l’ozone avant le mois de juin et en 2011 en Auvergne-Rhône-Alpes.