La pollution de l’air reste l’un des principaux risques environnementaux pour la santé humaine. Dans son dernier rapport, Panorama de la santé 2025, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne que l’exposition aux particules fines demeure élevée dans la plupart des pays et continue de peser lourdement sur la santé des populations.
Une exposition encore au-dessus des recommandations sanitaires
Les particules fines (PM2.5) sont des polluants microscopiques issus notamment du transport, de l’industrie, du chauffage domestique ou encore de l’agriculture. En raison de leur très petite taille, elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons et atteindre la circulation sanguine.
Selon l’OCDE, l’exposition moyenne aux particules fines dans les pays de l’organisation atteignait 11,2 µg/m³ en 2020, soit plus du double de la valeur recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fixée à 5 µg/m³. Malgré certaines améliorations ces dernières années, peu de pays respectent pleinement ce seuil sanitaire.
La population française était exposée, en 2023, à 9,5 µg/m³ de particules ambiantes, un niveau qui reste supérieur à la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 5 µg/m³, même si la France fait mieux que la moyenne des pays de l’OCDE (11,2 µg/m³).
Un impact direct sur les maladies et la mortalité
Le lien entre pollution de l’air et santé est aujourd’hui largement documenté. L’exposition aux particules fines est associée à une augmentation des maladies cardiovasculaires, des maladies respiratoires chroniques et de certains cancers, notamment du poumon.
Selon l'OCDE, elle serait le 3e facteur de risque après l'obésité et le tabagisme.
Selon les projections de l’OCDE, la pollution de l’air extérieur pourrait entraîner de 6 à 9 millions de décès prématurés par an, à l’échelle mondiale, d’ici à 2060 et serait responsable d’environ 4,1 millions de décès prématurés en 2019. Ces impacts sanitaires se traduisent également par une pression accrue sur les systèmes de santé, avec davantage d’hospitalisations, de consultations médicales et d’arrêts de travail.
Air, climat et santé : des enjeux étroitement liés
Le rapport met également en évidence le lien étroit entre pollution atmosphérique et changement climatique. Les principales sources de particules fines — combustion d’énergies fossiles, transports, activités industrielles ou encore chauffage résidentiel — sont aussi responsables d’une part importante des émissions de gaz à effet de serre.
Agir sur la qualité de l’air peut donc générer un double bénéfice, à la fois pour la santé publique et pour la lutte contre le changement climatique. Les politiques visant à réduire les émissions polluantes dans les secteurs de l’énergie, des transports ou de l’aménagement urbain peuvent ainsi contribuer simultanément à améliorer la santé des populations et à limiter les impacts environnementaux.
Agir sur la qualité de l’air pour améliorer la santé
Pour l’OCDE, réduire la pollution atmosphérique constitue un levier majeur pour améliorer la santé publique. Les politiques liées au transport, à l’énergie, à l’urbanisme ou encore au chauffage résidentiel jouent un rôle clé pour limiter l’exposition des populations aux polluants.
Améliorer la qualité de l’air apparaît ainsi comme une priorité sanitaire et environnementale, dans un contexte où la prévention des maladies passe aussi par l’action sur les déterminants environnementaux de la santé.
