Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique Science révèle un mécanisme inattendu : la diminution de certains polluants atmosphériques au début des années 2020 aurait contribué à l’augmentation rapide du méthane dans l’atmosphère. Un phénomène qui illustre les liens étroits entre qualité de l’air, chimie atmosphérique et climat.
Une hausse record du méthane
Le méthane (CH₄) est un puissant gaz à effet de serre. Selon l'étude, sa concentration dans l’atmosphère a augmenté à un rythme inédit entre 2020 et 2022, avant de ralentir à partir de 2023.
Pour comprendre cette évolution, les chercheurs ont combiné observations atmosphériques, données satellites et modélisation du cycle du méthane.
Le rôle clé de la chimie de l’atmosphère
L’étude met en évidence un facteur majeur : la baisse des radicaux hydroxyles (OH), des molécules qui participent au « nettoyage » de l’atmosphère en détruisant de nombreux gaz, dont le méthane.
Moins de radicaux OH signifie que le méthane est moins rapidement dégradé, ce qui favorise son accumulation dans l’atmosphère.
Pollution de l’air : un effet indirect inattendu
Cette baisse des radicaux hydroxyles serait liée en partie à la diminution de certains polluants atmosphériques, notamment les oxydes d’azote (NOx), observée au début des années 2020.
Ces changements ont modifié la chimie de l’air et réduit la capacité de l’atmosphère à dégrader le méthane.
Qualité de l’air et climat : des interactions étroites
Ces résultats soulignent la complexité des interactions entre pollution de l’air et changement climatique.
Ils rappellent l’importance de mieux comprendre la chimie atmosphérique et de renforcer les observations de la composition de l’air pour accompagner les politiques de réduction des émissions, à la fois pour la santé publique et pour le climat.