Une nouvelle étude de l’Insee apporte des données sur les effets des zones à faibles émissions (ZFE). Son analyse montre qu’elles accélèrent le renouvellement du parc automobile et contribuent à réduire les émissions de polluants atmosphériques liées aux voitures.
Un effet mesurable sur le renouvellement du parc automobile
L’étude porte sur neuf ZFE mises en place jusqu’en 2023 dans de grandes métropoles régionales. Elle compare leur évolution à celle de territoires similaires sans ZFE afin d’identifier la part des changements pouvant être attribuée au dispositif.
Sur cinq ans, le nombre de voitures Crit’Air 1 et électriques augmente de 88,4 % dans les intercommunalités concernées. Selon l’Insee, 5,8 points de cette progression sont attribuables aux ZFE.
Dans le même temps, les ZFE accentuent la diminution des véhicules plus polluants : elles représentent 4,5 points de la baisse des Crit’Air 3 et 5,5 points de celle des Crit’Air 4.
Des émissions de polluants atmosphériques en baisse
Cette évolution du parc se traduit également dans les émissions liées aux voitures. Sur la période étudiée, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) diminuent de 38,9 %, dont 4,6 points attribuables aux ZFE. Pour les particules fines PM2,5, la baisse atteint 31,1 %, dont 1,4 point lié aux ZFE.
L’Insee souligne toutefois que la majeure partie de ces diminutions s’explique par une tendance plus générale : le renouvellement progressif du parc automobile et le renforcement des normes européennes d’émissions des véhicules.
Des liens entre qualité de l’air, climat et santé
L’étude met ainsi en évidence une contribution des ZFE à la réduction des émissions de polluants atmosphériques issus du trafic routier. Un enjeu directement lié à la santé, puisque les transports routiers constituent une source importante d’oxydes d’azote et de particules fines dans les zones urbaines.
Elle observe également un effet plus limité sur le climat : les émissions de CO₂ des voitures diminuent de 10 % sur cinq ans, dont 1,7 point attribuable aux ZFE. Ce résultat doit cependant être nuancé : certains véhicules plus polluants sont revendus et continuent de circuler dans des territoires non concernés par les restrictions.
Enfin, l’étude ne met pas en évidence de diminution significative des distances parcourues ni des déplacements domicile-travail en voiture deux ans après l’entrée en vigueur des ZFE. Elle montre ainsi que leur principal effet observé porte davantage sur la composition du parc automobile que sur les pratiques de mobilité.
Ces résultats apportent de nouvelles données pour éclairer les politiques de mobilité en croisant leurs effets sur la qualité de l’air, le climat et la santé.