Une nouvelle étude publiée dans Science direct apporte un éclairage concret sur les effets des politiques de réduction de la pollution liée au trafic routier. Menée à Londres, elle évalue les effets de la mise en place progressive de restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants, d'abord dans le centre de Londres puis sur un périmètre plus large. Ces mesures visaient à accélérer le renouvellement du parc automobile vers des véhicules moins émetteurs de polluants atmosphériques.
Les chercheurs montrent qu'après la mise en œuvre de ces restrictions de circulation, les hospitalisations d'urgence chez les adultes ont diminué. Ils observent notamment :
- une inversion de la tendance des hospitalisations d'urgence, passant d'une augmentation annuelle d'environ 3 % à une diminution de 3 % après la mise en œuvre des dispositifs ;
- une baisse d'environ 8 % des hospitalisations liées aux maladies cardiovasculaires ;
- une diminution des hospitalisations pour pathologies respiratoires, même si ce résultat est moins marqué statistiquement dans cette étude menée uniquement chez les adultes.
Des bénéfices qui dépassent la seule qualité de l'air
Ces résultats illustrent un principe désormais bien documenté : réduire les émissions du trafic routier contribue à diminuer l'exposition des populations aux polluants atmosphériques, avec des bénéfices attendus pour la santé.
Les politiques de réduction des émissions s'inscrivent également dans une approche globale reliant qualité de l'air, climat, énergie et santé (One Health). En favorisant un renouvellement du parc automobile, des mobilités moins émettrices et une baisse des émissions polluantes, elles participent à la fois à l'amélioration de la qualité de l'air et à la transition énergétique.
Des données pour éclairer les politiques publiques
Comme nous le rappelions dans notre récent communiqué à la suite de la décision du Conseil constitutionnel, les politiques publiques doivent être évaluées à partir de données objectives et accompagnées pour garantir leur efficacité et leur acceptabilité.
Les travaux scientifiques menés en France comme à l'international permettent aujourd'hui de mieux mesurer les effets des différentes actions engagées pour améliorer la qualité de l'air. Les ZFE constituent l'un de ces leviers, dont les impacts doivent être appréciés au regard des données disponibles et en articulation avec les autres politiques de mobilité, d'énergie et d'aménagement.