Les nouvelles recommandations de l'Anses confirment ce que les travaux scientifiques montrent depuis plusieurs années : les feux de végétation ne représentent pas seulement un risque par les flammes, mais aussi par les fumées qu'ils génèrent. Celles-ci dégradent la qualité de l'air, parfois à plusieurs centaines de kilomètres des incendies, avec des conséquences pour la santé des populations.
Début juillet, Atmo France publiait une note bibliographique dressant un état des connaissances sur les impacts des incendies de végétation sur la qualité de l'air. Les recommandations actualisées de l'Anses viennent conforter ces constats scientifiques et rappeler l'importance de surveiller la qualité de l'air lors de ces épisodes.
Des fumées qui voyagent loin
Les fumées émises par les feux de forêt ou de végétation sont constituées d'un mélange complexe de polluants. Elles contiennent notamment des particules fines (PM₂.₅ et PM₁₀), du monoxyde de carbone, des oxydes d'azote, des composés organiques volatils ou encore des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Leur composition varie selon le type de végétation, les conditions météorologiques ou encore l'intensité de la combustion.
Portées par les vents, ces particules peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Une dégradation de la qualité de l'air peut ainsi être observée bien au-delà de la zone directement touchée par l'incendie.
Quels effets sur la santé ?
L'exposition aux fumées peut provoquer des irritations des yeux, du nez et de la gorge, des difficultés respiratoires ou une aggravation de maladies comme l'asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires peuvent également être plus vulnérables. Les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes atteintes de pathologies chroniques constituent les principaux publics sensibles.
L'Anses rappelle qu'en cas d'exposition aux panaches de fumée, il est recommandé de limiter les activités physiques à l'extérieur, de réduire les déplacements lorsque cela est possible et d'aérer les logements uniquement lorsque les conditions le permettent
Un constat en cohérence avec les travaux d'Atmo France
Ces recommandations rejoignent les conclusions de la note bibliographique publiée par Atmo France début juillet, qui dresse un état des connaissances scientifiques sur les impacts des incendies de végétation sur la qualité de l'air.
Cette synthèse rappelle que les fumées peuvent altérer durablement la qualité de l'air, parfois bien au-delà des zones incendiées, et souligne l'importance de disposer d'une surveillance atmosphérique permettant d'informer les citoyens et d'accompagner les autorités dans leurs décisions.
Face à des épisodes appelés à devenir plus fréquents sous l'effet du changement climatique, la qualité de l'air constitue un indicateur essentiel pour mieux évaluer les expositions, protéger les populations et renforcer la prévention.
> Retrouvez les recommandations de l'Anses sur les effets des fumées de feux de végétation