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Transferts de pollution au niveau d'une station de métro parisienne
Écrit par Airparif   
05-11-2009

Une campagne de mesures communes entre la RATP et Airparif à la station Faidherbe-Chaligny (ligne 8) quantifie les niveaux et montre les échanges de pollution entre l'intérieur et l'extérieur de la station.

airparif_vignette_intro_metro.jpgDioxyde d'azote, particules... Des transferts de pollution se font entre l'environnement intérieur et l'extérieur. C'est le cas notamment au niveau des stations de métro. Cette première étude conjointe entre la RATP et Airparif, association de surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France, met en valeur ces flux de pollution au niveau de la station Faidherbe-Chaligny.

La campagne s'est déroulée du 1er au 15 décembre 2008 sur les quais ainsi que dans l'environnement proche de la station Faidherbe Chaligny (ligne 8). La station choisie est représentative des stations sans correspondance du réseau souterrain de la RATP. Dans le cadre de ce premier échange, la configuration simple de cette station permettait d'appréhender plus facilement les paramètres influençant la qualité de l'air. Les deux partenaires se sont partagés les points de mesure, mettant chacun en oeuvre un laboratoire mobile à l'extérieur de la station et une baie d'analyseurs sur chaque quai :

- A l'intérieur, deux points de mesure ont été disposés de part et d'autre des voies, en vis-à-vis sur les quais, afin de caractériser la qualité de l'air respirée par les voyageurs.
- A l' extérieur, deux points de mesure étaient situés l'un au niveau d' une entrée au niveau de la rue Faidherbe, l'autre le long du boulevard Saint-Antoine sur la grille de ventilation de la station.

 

Différents polluants ont été mesurés :

- les particules PM10 (inférieures à 10 µm) et PM2,5 (inférieures à 2,5 µm), dont les niveaux généralement plus élevés que dans l'environnement extérieur sont une spécificité des réseaux ferroviaires, et qui proviennent à la fois du fonctionnement du métro et de l'environnement extérieur (véhicules, chauffage et industrie),
-  les oxydes d'azote, majoritairement émis par le trafic routier.

 

D'où vient la pollution ?

Dans l'air extérieur, la pollution provient essentiellement du trafic routier, du chauffage résidentiel et des activités industrielles. Plusieurs polluants ne respectent pas les niveaux réglementaires en Ile-de-France, notamment l'ozone, le dioxyde d'azote et les particules. Dans l'enceinte du métro, l'activité ferroviaire et surtout le système de freinage des rames sont principalement sources de particules. De plus, le passage des rames entraîne une remise en suspension des particules. La circulation des masses d'air entraîne ensuite des échanges de polluants entre l'intérieur et l'extérieur des stations.

 

Le cas des particules,

- A l'intérieur de la station, les mesures de particules PM10 et PM2,5 sont significativement supérieures (près de 2,5 fois) aux teneurs relevées à l'extérieur de la station, principalement au cours de la journée.
- A l'extérieur de la station, les niveaux de particules relevés sont intermédiaires entre les mesures effectuées sur le réseau de mesures d'Airparif dans l'air ambiant et celles mesurées à proximité du trafic routier, avec une hausse des niveaux en journée, une baisse la nuit et les week-ends. Les maxima horaires ont été logiquement enregistrés sur le point de mesures situé à la fois à côté d'un feu de signalisation, au plus près du trafic routier, et directement au-dessus d'une grille de ventilation qui provoque un transfert de particules de l'intérieur de l'enceinte vers l'extérieur. Ce site était donc impacté à la fois par le trafic routier du Faubourg Saint Antoine et par l'évacuation d'air en provenance de la station.

 

Le cas des oxydes d'azote,
La circulation routière et autres sources de pollution extérieures sont responsables en majeure partie des niveaux d'oxydes d'azote relevés dans le souterrain. En effet, la circulation du métro n'émet pas ce type de polluant et les bouches d'aération de la station étudiée se trouvent à proximité immédiate d'axes de circulation importants comme la rue du Faubourg Saint Antoine. Cet impact des niveaux extérieurs est particulièrement visible le 11 décembre. Ce jour là, la pollution extérieure était la plus élevée de la campagne, et les niveaux de dioxyde d'azote dans la station de Faidherbe-Chaligny ont également atteint leur maximum.
- Dans l'environnement extérieur, le site situé sur la grille d'extraction du métro et à proximité immédiate de la circulation du Faubourg Saint Antoine a mesuré des niveaux de dioxyde d'azote plus élevés que celui situé à l'entrée du métro, à proximité de la rue Faidherbe. Ceci est directement lié à la proximité de la circulation, avec en plus un feu tricolore entraînant des redémarrages de véhicules fréquents.
- A l'intérieur de la station, les concentrations de dioxyde d'azote n'ont pas été strictement similaires sur les 2 quais comme on aurait pu le croire, ce qui peut être expliqué par une dissymétrie de la ventilation.

 

Respect des recommandations de qualité de l'air
- A l'intérieur de la station :
Il n'existe pas de normes de qualité de l'air intérieur. Les résultats de mesures ont été rapprochés d'une valeur guide recommandée par le CSHPF (Conseil supérieur d'hygiène publique de France) en 2001. Elle concerne les particules PM10 et correspond approximativement au temps moyen de déplacement quotidien des Franciliens. Ajustée tous les ans, elle était de 303 mg/m3 pour une heure de déplacement souterrain en 2008. Cette valeur a été respectée, le maximum obtenu dans la station s'étant élevé à 194 mg/m3.
- A l'extérieur :
les niveaux d'information et d'alerte pour les épisodes de pollution n'ont pas été atteints au cours de cette campagne, en revanche, la norme journalière de 50 µg/m3 en moyenne sur 24h à ne pas dépasser plus de 35 jours par an a été atteinte une journée, le 15 décembre, sur les deux points de mesure extérieurs.

Afin d'élargir et de compléter les résultats de cette campagne de mesures, d'autres séries de mesures conjointes entre la RATP et Airparif seront proposées par le comité de pilotage de la convention de partenariat des deux organismes, en particulier des mesures dans la gare d'Auber d'ici la fin de l'année.

 
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