|
La réduction des vitesses a un double objectif :
améliorer la sécurité routière et réduire les émissions dues au trafic
automobile dans ces zones. Mais il apparait que la réduction des
émissions de polluants dans ces zones à très faible vitesse pouvait être peu
significative.
Afin de confirmer ou d’infirmer les réductions de pollutions
envisagées dans les zones « 30 », Lig’Air a mené une campagne de
mesure visant les
concentrations du dioxyde d’azote et celles du benzène sur 6 zones
« 30 » (et en amont et en aval) de l’agglomération orléanaise.
La présente étude dresse l’état des lieux des
niveaux de polluants enregistrés sur ces zones et met en relief le gain de
réduction de pollution observé ou non sur chacun des parcours étudiés. Les
résultats sont discutés à la suite d’une étude de sensibilité des émissions
polluantes aux vitesses de circulation adaptées au milieu urbain.
La réduction des vitesses, dans les zones
utilisées par les piétons et/ou les cyclistes, a un double objectif :
améliorer la sécurité routière et réduire les émissions dues au trafic
automobile dans ces zones. Ce dernier objectif constitue l’action IV.2 du plan
de protection de l’atmosphère de l’agglomération Orléans-Val de Loire, qui
retient de limiter les vitesses autorisées par un aménagement des voies et de
l’environnement urbain. Les zones « 30 » sont concernées par ces
dispositions.
Cependant, lors de la première réunion des
pilotes des actions retenues dans le PPA, il est apparu que la réduction des
émissions de polluants dans ces zones à très faible vitesse pouvait être peu
significative. Afin de confirmer ou d’infirmer les réductions de pollutions
envisagées dans les zones « 30 », Lig’Air a mené une campagne de
mesure, à la demande de la DRIRE Centre, visant les
concentrations du dioxyde d’azote et celles du benzène sur 6 zones
« 30 » de l’agglomération orléanaise.
Les zones étudiées ont été choisies de façon à
être représentatives des différentes configurations susceptibles d’être
rencontrées sur l’agglomération orléanaise. Elles ont été sélectionnées à
partir d’une liste établie par les services de l’agglomération orléanaise.
Sur chacune des zones étudiées, Lig’Air a
effectué des prélèvements de dioxyde d’azote et de benzène sur les
zones « 30 » proprement
dites mais également en amont et en aval de celles-ci.
La présente étude dresse l’état des lieux des
niveaux de polluants enregistrés sur ces zones et met en relief le gain de
réduction de pollution observé ou non sur chacun des parcours étudiés. Les
résultats sont discutés à la suite d’une étude de sensibilité des émissions
polluantes aux vitesses de circulation adaptées au milieu urbain.
RESULTATS
D’après les scenarii de
sensibilité réalisés dans le cadre de cette étude, la réduction des émissions
dépend de la gamme des vitesses de circulation. Dans les centres urbains, où la
vitesse de circulation est limitée à 50
km/h, tout ralentissement ou réduction de vitesse entraînerait
systématiquement une augmentation des émissions de NOx et de COV. Une réduction
de vitesse sur ces zones peut avoir un impact positif par rapport à la sécurité
routière mais négatif par rapport aux émissions polluantes.
En terme de concentration, les études de
terrains ont montré l’absence de corrélation simple avec la vitesse de
circulation. Les concentrations dans les zones 30 peuvent dépasser celles en
zone 50. Mais elles peuvent aussi être de même ordre de grandeur ou inférieures,
montrant ainsi leurs dépendances vis-à-vis d’autres paramètres. Au sein d’un
même parcours, les concentrations peuvent augmenter en présence de
ralentissements causés par des feux tricolores ou les arrêts au niveau des
établissements fréquentés par les usagers (école, poste, commerce…). Elles sont
plus faibles sur les segments de route à sens unique que sur les segments de
route à double sens, montrant ainsi l’influence directe du flux automobile sur
les concentrations mesurées.
Cette étude montre clairement que les zones 30
ne conduisent pas à une réduction des émissions du trafic automobile. Au
contraire, leur multiplicité peut conduire à une augmentation des émissions, en
particulier celles de NOx et de COV. Leurs effets négatifs peuvent être
compensés en diminuant l’intensité du trafic automobile, en instaurant une
circulation à sens unique dans ces zones par exemple.
|