|
Page 1 sur 8
L’atmosphère est composée de gaz mais également de particules,
matière condensée à l’état liquide ou solide. Les particules ou «
poussières » ont des origines
multiples et proviennent de sources naturelles (sel de mer, éruptions
volcaniques, feux de forêts et érosion éolienne des sols) comme
d’activités humaines (transports, chauffage, industrie, agriculture,…).
Elles peuvent également se former par combinaison, selon des processus
physico-chimiques complexes (sources secondaires). Il s’agit donc d’une
famille dont les caractéristiques sont extrêmement diverses et
susceptibles de varier dans le temps. Elles sont souvent classées selon
un critère de taille ou de composition chimique qui conditionne bien souvent l’intensité de leur impact sanitaire.
Toutes
les sources (primaires et secondaires) peuvent donner lieu à des
transports de particules à travers le monde, comme pour les poussières
sahariennes qui « voyagent » notamment jusqu’aux Antilles.
Les particules associées aux sources secondaires sont les plus
difficiles à la fois à quantifier et à réduire du fait de la complexité
de leur genèse.
La problématique de la pollution de l’air
par les poussières, bien que complexe, est un véritable enjeu de santé
publique nécessitant une réponse des pouvoirs publics. Visant de
nouvelles normes à respecter assorties de nouvelles exigences de
surveillance, l’actualisation de la réglementation
relative aux particules dans l’air est en cours par les instances
européennes alors que plusieurs experts de la Santé contestent déjà les
valeurs limites envisagées.
Des effets sur la santé avérés
Il est important de noter que la qualité de l’air est un tout. Un
individu respire chaque jour un cocktail de polluants et il est délicat
d’isoler un composant par rapport à un autre. Les travaux
épidémiologiques entrepris ces 15 dernières années ont tout de même
permis de préciser les effets des particules à court et à long terme.
Pour
les effets à court terme, plusieurs études (APHEA pour l’Europe et
PSAS9 pour la France) ont montré, pour une augmentation de 40µg/m3 des
concentrations de particules (PM10) sur une journée, un accroissement
de la mortalité cardio-vasculaire (+2%) et respiratoire (+4%) ainsi que
des hospitalisations pour maladies respiratoires chez les enfants de
moins de 14 ans (+ 8%).
Les effets à long terme sont
plus difficiles à évaluer car il faut caractériser l’exposition d’une
population sur toute une vie. Néanmoins des études récentes montrent
l’impact d’une exposition modérée aux particules sur des adultes
sains : augmentation de la mortalité cardiovasculaire notamment et des
hospitalisations à proximité des grands axes de circulation. Selon
l’étude APHEIS,
une réduction de 5µg/m3 en moyenne annuelle en PM10 se traduirait par
une diminution du nombre de décès de 17 pour 100 000 habitants (soit
1900 personnes par an pour les neuf villes étudiées en France).
Concernant
les particules les plus fines (PM2,5), il est avéré qu’elles sont
associées à un accroissement des symptômes des voies respiratoires et
des maladies respiratoires obstructives chroniques, une réduction de la
capacité respiratoire chez l’enfant, une augmentation de la mortalité
cardio-pulmonaire et du cancer du poumon chez l’adulte. L’Union
Européenne considère qu’elles contribuent à la mort prématurée de
350 000 personnes chaque année en Europe.
Un dispositif de mesure à renforcer
En France, la méthode
de mesure la plus couramment utilisée par l’ensemble des Associations
agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA) est la pesée
automatique des particules, permettant une surveillance en continu. Ce
dispositif est présent sur l’ensemble du Territoire via notamment les
sites fixes de surveillance des AASQA implantés préférentiellement en
aires urbaines, ou par l’installation de leurs unités mobiles sur les
autres zones. Concernant les PM2,5, ce dispositif est actuellement en
cours de développement et nécessite une extension conforme aux enjeux
sanitaires majeurs constatés en Europe. Par ailleurs, des travaux
complémentaires sont également engagés visant à identifier la
composition chimique et granulométrique des poussières afin d’affiner
les connaissances sur leur origine et leurs impacts.
Une information à diffuser
L’information du public sur ces situations polluées est une nécessité.
A ce titre, la circulaire du 12 octobre du Ministère de l’Ecologie et
du Développement et de l’Aménagement Durables (MEDAD) est un premier
pas qui permet de motiver une information particulière des populations,
en particulier sensibles, en cas de pics de pollution par les
particules. La Fédération ATMO s’engage donc à faciliter la mise en
œuvre de ce dispositif au niveau local mais souhaite une amélioration
des outils permettant de prévoir la qualité de l’air. Fiables pour les
polluants gazeux, ces outils de prévision doivent néanmoins être
améliorés pour les particules. En complément du système Prév’air qui
s’intéresse aux phénomènes à grande échelle (pour les DOM-TOM, ce ne
sont que des prévisions à l’échelle du globe), des chaînes de prévision
des particules à J, J+1 et J+2, à l'échelle des régions et des
agglomérations se développent au sein des AASQA.
Des actions à mener
À coté de recommandations sanitaires, il est souhaitable que le
franchissement des seuils déclenche également des contraintes
significatives (niveau d’alerte) sur les activités génératrices de
particules. A l’image des mesures mises en œuvre en cas d’épisode de
pollution à l’ozone, au dioxyde d’azote ou au dioxyde de soufre, des
mesures d’urgence doivent être envisagées pour limiter l’impact
sanitaire des épisodes pollués.
En parallèle, il est nécessaire que les actions menées concernent
l’ensemble des sources connues à ce jour (trafic routier, industrie,
agriculture, chauffage domestique, …). A ce titre, il est impératif de
revoir le Plan Air adopté par le gouvernement à l’automne 2003 afin de
fixer des objectifs nationaux de réduction des émissions de poussières
(actuellement - 40 % d’ici à 2010 pour les oxydes d’azote, le dioxyde
de soufre, les composés organiques volatils). Il s’agit bien, d’abord,
de lutter pour la baisse des niveaux de ce polluant au jour le jour
car, de l’avis des spécialistes de santé publique, c’est ce paramètre
qui est en relation avec les effets sanitaires.
La
pollution atmosphérique par les particules est un véritable enjeu de
Santé Publique. Dans ce contexte, la Fédération ATMO et ses membres
entendent développer une action adaptée pour améliorer les
connaissances, la prévision et l’information des populations sur ce
polluant.
Parallèlement, la
Fédération ATMO considère que l’état actuel des connaissances
(notamment en termes d’impacts sanitaires) doit inciter les pouvoirs
publics à mettre en place, le plus rapidement possible, des actions de
réduction des concentrations dans l’air ambiant. Ces mesures de
réduction ne doivent pas être mises en oeuvre uniquement lors des
épisodes de pollution atmosphérique mais être appliquées dans
l’objectif d’un abaissement annuel des émissions.
|